La Chine et la lutte contre la drogue
Extraits, © Nouvelle Etoile, Beijing, 1998.



La Chine a souffert de la drogue au cours de son histoire. Ainsi le peuple chinois mène-t-il sans relâche depuis longtemps la lutte contre la drogue et a-t-il obtenu de remarquables succès.

La Chine était connue comme un pays sans drogue

Il y a 150 ans, les puissances impérialistes ont forcé la porte de la Chine par l’opium et le canon, et transformé la Chine en société semi-féodale et semi-coloniale. Sans armée capable de défendre le pays et n’ayant pas d’argent pour l’entretenir, le peuple chi­nois n’avait qu’à avaler l’affront d’être pris pour le “malade de l’Asie de l’Est”. A cette époque-là, la Grande-Bretagne était le plus grand pays colonialiste et le plus grand marchand d’opium du monde. Avant 1840, le gouvernement britannique percevait chaque année 3,3 millions de livres sterling de taxes sur le commerce de l’opium avec la Chine, soit un dixième de ses revenus annuels. Les colonialistes impérialistes, âpres au gain, écoulaient sans scrupule de l’opium en Chine, allaient de la contrebande à la vente armée, et ont mené sans vergogne deux guerres contre la Chine (la Première Guerre de l’Opium déclenchée par la Grande-Bretagne entre 1840 et 1842, et la Seconde Guerre de l’Opium déclenchée entre 1856 et 1860 par la Grande-Bretagne et la France avec le soutien de la Russie et des Etats-Unis). En 1900, huit puissances impérialistes, soit la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, la Russie, le Japon, l’Italie et l’Autriche, ont formé une armée coalisée pour envahir la Chine et vendre sans scrupule l’opium qu’elles considéraient comme une arme spirituelle empoison­nant le peuple chinois. Non seulement elles ont pres­suré le peuple chinois, mais elles ont pris les pres­qu’îles du Liaodong et du Jiaodong, le bassin du Changjiang, ainsi que d’autres régions comme territoires à bail. Hongkong a été ainsi cédé à la Grande-Bretagne par le gouvernement corrompu et incapable des Qing après les deux guerres de l’opium. Pendant les années 30 et 40 de notre siècle, les impérialistes japonais ont agressé la Chine et mono­polisé le commerce de l’opium. Ils primaient la culture du pavot, assuraient le transport de l’opium par leur armée, ouvraient des fumeries d’opium, imposaient une taxe sur la consommation et la vente de l’opium et toutes sortes d’autres frais spéciaux, pour alimenter leur budget de guerre d’une part, et miner la volonté de résistance du peuple chinois d’autre part. Des milliers et des milliers d’opiomanes n’avaient ni feu ni lieu, ou voyaient leur famille dispersée et ruinée.

Devant l’aggravation jour après jour de l’influence pernicieuse de l’opium, de nombreux hommes à noble idéal montrèrent avec amertume que “cet échange de biens chinois contre ce produit nuisible et cette satis­faction des désirs insatiables des étrangers endomma­geaient l’Etat” et demandèrent impérieusement de prohiber l’opium. Les masses populaires, indignées, se sont révoltées contre l’opium et ont enregistré d’in­nombrables exploits héroïques. En 1839, Lin Zexu, commissaire impérial du gouvernement des Qing, a détruit à Humen de la province du Guangdong 1,2 million de kilogrammes d’opium importé par les puis­sances impérialistes, pour montrer la détermination du peuple chinois contre la drogue et pour remédier à la situation critique de la nation. La fermeté patriotique de Lin Zexu contre les puissances impérialistes pour sauver la nation et le peuple ont influencé les Chinois pendant des générations. Réveillées, les masses popu­laires voulaient faire peau neuve, boycottaient de tou­tes les manières l’agression de l’opium, et luttaient sans faiblir contre la drogue. Pourtant, dans l’ancienne Chine, la volonté de Lin Zexu et des masses populai­res ne pouvait aboutir. Après la destruction de l’opium à Humen, le gouvernement corrompu des Qing a laissé l’opium se répandre plus largement au lieu de l’éliminer, et a été obligé de payer des indemnités et de céder des territoires, ce qui a conduit la Chine a une société semi-féodale et semi-coloniale.

Avec la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le peuple chinois qui a tant souffert de malheurs inouïs est enfin devenu maître du pays. Tout en mettant en état tout ce qui avait été laissé à l’abandon, le gouvernement chinois s’est engagé dans la lutte contre la drogue afin d’exterminer ce démon qui a nui à la nation pendant plusieurs centaines d’années. Le 24 février 1950, à peine cinq mois après la fondation de la Chine nouvelle, le Conseil d’Admi­nistration du Gouvernement a publié la Circulaire sur la prohibition de l’opium et s’est mis immédiatement à organiser un mouvement à l’échelon national contre la drogue, à savoir : confisquer la drogue, interdire la culture du pavot, fermer les fumeries d’opium, faire renoncer à l’opium, et punir avec sévérité la produc­tion et la vente de la drogue. Dans le combat contre les délits liés à la drogue, le gouvernement chinois a su distinguer les simples drogués des personnes qui se livraient à la production, au transport et à la vente de la drogue, et affecter, malgré les difficultés financières, une somme de 10 milliards de yuans anciens au secours des drogués dans les conditions difficiles, et une somme de 29 milliards de yuans anciens à la recherche et à la production des médicaments de désintoxication.


La lutte contre la drogue menée par le gouverne­ment chinois a été chaleureusement accueillie par le peuple. En moins de trois ans après la fondation de la Chine nouvelle, on a recensé 369 705 personnes pour s’être livrées à la production, au transport et à la vente de la drogue, et parmi elles 51 627 ont été punies selon la loi ; on a confisqué 3,39 millions de liang (1 liang = 50 grammes) d’opium, 15 716 installations destinées à la production de drogue, et 882 armes destinées à escorter les convois de contrebande de drogue, extirpant ainsi la consommation de la drogue dans le pays entier. Des milliers et des milliers d’opio­manes se sont délivrés du démon de la drogue et se sont engagés dans une vie saine. Pendant les 30 années suivantes, la drogue a pratiquement disparu du territoire Chinois, et la Chine était Connue comme un pays sans drogue.

La lutte contre la drogue, une tâche très lourde

Devenue un problème mondial, la lutte contre la drogue est une tâche très lourde. Partie intégrante du trafic international de drogue, le problème en Chine ne peut être radicalement réglé dans un bref délai. La résolution et la position anti-drogues du gouverne­ment chinois restent fermes. Il portera haut levé comme toujours le drapeau anti-drogue, appliquera rigoureusement les principes consistant à “interdire le trafic, la culture et la consommation de drogues, fermer leur source et entraver leur circulation, appli­quer rigoureusement la loi, combiner les mesures provisoires et les solutions radicales”, et persistera à punir ceux qui détiennent, ceux qui trafiquent, ceux qui cultivent et ceux qui consomment de la drogue afin de lutter de façon soutenue et en profondeur contre la drogue jusqu’à l’extermination radicale du préjudice causé à l’humanité.

Devant la menace de la drogue, le gouvernement chinois continuera à oeuvrer pour barrer la source et couper le trafic de drogues dans les régions frontaliè­res. Un système de défense unissant autour de la police, l’armée, la douane, la milice et les habitants frontaliers, sera établi dans la région frontière au Sud-Ouest. On contrôlera strictement l’ordre public, les entrées et les sorties dans la région frontière. On renforcera la mise en place d’un corps spécialisé dans la lutte contre la drogue, intensifiera le travail dans ce domaine, pour couper radicalement l’entrée des dro­gues et la sortie des précurseurs chimiques fréquem­ment utilisés dans la fabrication illicite des drogues, empêcher au maximum la drogue venant de l’extérieur de passer la frontière ou la saisir dans les régions frontières.

Pour limiter efficacement l’augmentation des nou­veaux consommateurs de drogues, éradiquer le pré­judice causé par les drogues sur la population et faire disparaître radicalement les activités criminelles liées à la drogue, le gouvernement chinois perfectionnera encore et appliquera énergiquement des mesures de désintoxication forcée. Il renforcera la construction et la gestion de centres de désintoxication forcée ou par le travail, et la recherche sur les moyens d’interdire la consommation et d’arriver au renoncement à la dro­gue. Il améliorera le traitement et les résultats de la désintoxication. Selon les règlements de la Méthode de désintoxication forcée promulguée par le Conseil des Affaires d’Etat, on obligera les toxicomanes à suivre une cure de désintoxication, ceux qui rechutent devront être désintoxiqués par le travail. On continuera à consolider le rétablissement de la santé physique et mentale des personnes qui ont déjà renoncé à la drogue et affermira les succès du renoncement à la drogue.

Le gouvernement chinois tiendra fermement sa position et son attitude pour attaquer, conformément à la loi, les activités illégales et criminelles se rappor­tant à la drogue. Il renforcera le rôle des autorités compétentes, et la coopération harmonieuse entre les organes judiciaires et les autres départements comme la douane, pour tirer au clair les grandes affaires criminelles, démasquer les associations de malfaiteurs et attaquer les chefs des trafiquants de drogues afin de punir rapidement et sévèrement les criminels. On ajustera la lutte contre la drogue pour empêcher l’augmentation des activités criminelles. On attaquera rigoureusement le deal, enquêtera sur la provenance des drogues et en détruira le réseau de vente clandes­tin. Selon la Décision sur le contrôle des drogues du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale et les règlements sur la répression sévère du trafic de drogue dans le nouveau Code pénal, on recherchera la responsabilité pénale des criminels qui se consa­crent à la fourniture, au trafic, au transport et à la contrebande de stupéfiants, des substances psychotro­pes et des précurseurs chimiques, quelle qu’en soit la quantité. On établira un mécanisme de gestion effi­cace, renforcera le contrôle et la gestion de l’import-­export et barrera les voies de circulation illégale de stupéfiants, de substances psychotropes et de précur­seurs chimiques. On appliquera un système de res­ponsabilité sur l’interdiction de la culture de narcoti­ques, recherchera la responsabilité de ceux qui en plantent, détruira toutes les cultures clandestines et recherchera la responsabilité pénale si le cas est très grave.


Le gouvernement chinois approfondira la propa­gande et mobilisera la population pour mener à bien une campagne populaire contre la drogue. Le gouvernement fera savoir sa ferme résolution contre la dro­gue, les principes, les mesures politiques, les lois et les règlements sur le contrôle des drogues. Le préjudice du trafic, de la consommation et de la plantation de drogues devra être porté à la connaissance de tout le monde afin d’élever sans arrêt la conscience de tout citoyen contre la drogue et pour qu’on ne consomme pas, ne plante pas et ne fasse pas du trafic de drogue. On mènera fermement une éducation de prévention contre la drogue parmi les jeunes et les adolescents pour qu’ils connaissent l’influence de la drogue, qui dans l’histoire a conduit l’Etat et le peuple au désastre afin de renforcer leur résistance à l’emprise des dro­gues, pour qu’ils aiment la vie et refusent la drogue. On mobilisera largement les organisations sociales et les masses populaires pour qu’elles se jettent active­ment dans la lutte contre la drogue, formant ainsi un vaste front anti-drogue. On intensifiera la lutte anti-drogue, améliorera les moyens et les équipements de contrôle de la drogue, renforcera la recherche dans ce domaine et perfectionnera l’édification des infrastruc­tures contre la drogue afin d’élever la capacité et le niveau de lutte contre elle.

Le gouvernement chinois développera la coopé­ration internationale sur le contrôle des drogues, s’ef­forcera d’élargir la coopération internationale et profi­tera largement des expériences de la communauté internationale. Il continuera à soutenir la stratégie du développement équilibré et polyvalent de cultures de substitution préconisée par les Nations unies et le plan pour diminuer le besoin de drogues et participera activement à la coopération contre la drogue entre 6 pays et 7 parties de la sous-région du “Triangle d’or” et aux projets de coopération multilatérale ou bilaté­rale contre la drogue. Il appliquera consciencieuse­ment les conventions internationales sur le contrôle des drogues, et renforcera les échanges de renseigne­ments et la coopération entre les départements con­cernés des différents pays et régions pour attaquer ensemble le trafic international de la drogue et par un effort soutenu, anéantir le fléau de la drogue dans le monde.