RELIGION

 

Historiquement, comment choisissait-on le dalaï-lama ?

Extraits de «  LA CHINE AU PRESENT » d’octobre et novembre 2005

Selon l’usage, on identifiait un enfant réincarnation du dalaï-lama décédé en passant par trois grandes étapes : la recherche (sélection), l’identification et l’intronisation.

La recherche (sélection) de l’enfant réincarnation passait par quatre phases importantes. En premier lieu, il fallait examiner le langage et le comportement de l’ex-dalaï-lama alors qu’il était vivant, les présages et les dernières volontés qu’il avait exprimées avant sa mort, les augures après sa mort, et envoyer des personnes rechercher des candidats au titre d’enfant réincarnation.

En deuxième lieu, le gouvernement local du Tibet et les trois grands monastères de Lhasa devaient d’abord inviter de grands trulkou (boudha vivant) à pratiquer la divination, et les dharmapala à observer les images qui sont reflétées dans le lac sacré, en fonction des présages qui ont fait leur apparition après la mort du dalaï-lama ; ensuite, , confirmer la direction où l’enfant réincarnation est né d’après la conformité des présages et des résultats de la divination.

En troisième lieu, il fallait envoyer des personnes qualifiées rechercher des enfants intelligents, après avoir confirmé la direction où était né l’enfant réincarnation. Pour choisir des candidats au titre d’enfant réincarnation, il importait d’examiner le langage, le comportement et la taille d’un enfant ainsi que les bons augures du lieu de naissance de cet enfant, et de procéder à l’analyse des rêves bizarres lorsque l’enfant s’était réincarné.

En dernier lieu, il fallait demander à l’enfant réincarnation d’identifier les objets employés par l’ex-dalaï-lama, comme le rosaire, le tambourin, la cloche, le bol et la canne, etc. D’abord, on mêlait les objets par l’ex-dalaï-lama à des objets semblables qui ne lui appartenaient pas, puis on demandait à un enfant sélectionné de distinguer les vrais des faux. S’il réussissait à identifier les objets ayant appartenu à l’ex-dalaï-lama, il allait être considéré comme la véritable réincarnation du dalaï-lama. En général, c’était un lama de haut rang ou l’homme de confiance de l’ex-dalaï-lama qui étaient qualifiés pour s’occuper de cette affaire.

Par identification de l’enfant réincarnation, on entend la procédure d’approbation politique. Après le V° dalaï-lama, l’identification de tous les dalaï-lama devait être ratifiée par le gouvernement central. Du VI° dalaï-lama au VIII° dalaï-lama, la procédure d’identification a été la suivante : le gouvernement local du Tibet ou le monde religieux procédait d’abord à la recherche de plusieurs enfants intelligents, puis à l’identification d’un candidat au titre d’enfant réincarnation. Le candidat devait être soumis au gouvernement central pour approbation et nomination, et après avoir été approuvé par l’empereur, l’enfant était officiellement reconnu comme l’enfant réincarnation du dalaï-lama.

Après la mise en vigueur des Règlements en 29 articles portant sur l’administration du Tibet, le successeur du dalaï-lama ou du panchen-lama devait être identifié par tirage au sort au moyen de l’urne en or. Si la consécration d’un enfant réincarnation se faisait sans tirage au sort, elle devait être soumise au gouvernement central pour approbation. Cette méthode fut utilisée pour identifier l’enfant réincarnation des X° , XI° et XII° dalaï-lamas. La consécration de l’enfant réincarnation des IV°, XIII°et VIV° dalaï-lamas se fit sous tirage au sort, et elle fut soumise à l’approbation du gouvernement central par l’amban, le représentant de la Commission pour les affaires mongoles et tibétaines ou le grand khutukhtu, car il n’y avait qu’un seul enfant candidat.

La portée politique de la « méthode de tirage au sort au moyen de l’urne en or » a été de remplacer le gouvernement local du Tibet, qui détenait le pouvoir de décider les successeurs du dalaï-lama et du panchen-lama, par le gouvernement central des Qing. Grâce à la mise en œuvre de la méthode de tirage au sort au moyen de l’urne en or, le gouvernement central des Qing a détenu le pouvoir de nommer ou de destituer le dalaï-lama et le panchen-lama, dirigeants suprêmes de la lignée Gelug-pa. C’est ainsi que les rapports de subordination entre le gouvernement local du Tibet et le gouvernement central furent définis.

 

LA QUESTION DE LA RELIGION DES ETHNIES

Extrait de « Que sais-je sur la Chine ? » - novembre 2004

La Chine est le foyer de 56 ethnies. C’est un pays regroupant des croyances religieuses multiples, dont le bouddhisme, le taoïsme, l’islamisme, le christianisme, incluant le catholicisme. Dans certaines régions frontalières, la population chinoise appartient à la même ethnie et partage la même croyance que la population du pays voisin. Les liens entre la population chinoise et sa voisine sont alors innombrables. D’une part, ces relations étroites favorisent l’épanouissement d’échanges amicaux avec les pays voisins et l’établissement de relations de bon voisinage et de confiance mutuelle ; toutefois, d’autre part, ces populations chinoises peuvent être plus facilement influencées par les nationalisme étroits et les conflits religieux. Depuis la fin de la guerre froide, la disposition stratégique internationale évolue rapidement. Les différends ethniques et les conflits religieux, longtemps laissés au deuxième plan par la guerre froide entre l’Orient et l’Occident, tendent maintenant à s’exacerber. Dans les alentours de la Chine, certains mouvements sécessionnistes, d’extrémisme religieux et de terrorisme international mènent des activités de plus en plus effrénées ; ils s’infiltrent et se propagent vers l’intérieur du territoire chinois. Ces trois forces maléfiques de l’extérieur, combinées avec celles de l’intérieur de la Chine, agissent de connivence et font chorus. Ces forces sont sous la protection des forces étrangères antichinoises, profitent de leur soutien et agissent sous leur instigation. Elles suscitent le désordre, portent atteinte à la sécurité de la vie et des biens du peuple et nuisent à la stabilité sociale et à l’union nationale.

Aujourd’hui, à l’intérieur de la Chine, les activités de ces trois forces pernicieuses se déchaînent au Tibet et dans le Xinjiang. Par exemple, pour la région tibétaine, grâce à la formation de la force antichinoise à l’étranger et à son soutien, un gouvernement en exil illégitime s’est établi à l’extérieur de la Chine, dès que la clique sécessionniste de cette région se fut enfuie à l’extérieur, après l’échec de sa rébellion armée déclenchée en 1959 ; Sous cette même mouvance, la clique sécessionniste a regroupé une armée illégale et prône l’« indépendance du Tibet » pour tenter de séparer le Tibet de la Chine. Cette clique reçoit un entraînement au combat qui est organisé par la force antichinoise à l’étranger, organise des parachutages planifiés, s’introduit au Tibet pour combiner les actions de sécession et de sabotage de l’extérieur avec celles de l’intérieur. C’est elle qui est la source des troubles menaçant la sécurité et la stabilité de la région tibétaine. La région frontière de l’Ouest est toujours l’une des zones où les sécessionnistes, les terroristes internationaux et les extrémistes religieux sont actifs.

Dans la région du Xinjiang, cinq activités sécessionnistes ont été déclenchées l’une après l’autre au cours des années 1940 pour chercher à établir « l’Etat du Turkestan  oriental ». Après l’avènement de la Chine nouvelle en 1949 , les sécessionnistes nationaux enfuis à l’étranger ne se sont pas résignés après leur défaite ; ils ont mis sur pied des organismes terroristes et sécessionnistes du « Turkestan oriental » ont pris une expansion sans précédent, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays. Ils ont nié les faits historiques avérés voulant que le Xinjiang soit une partie de la Chine depuis la dynastie des Han de l’Ouest.

Par une procédure d'identification complexe, l'enfant sélectionné devient l'enfant réincarnation du dalaï-lama. Par la suite, le gouvernement local du Tibet doit soumettre un apport de demande d'organisation d'une cérémonie d'intronisation au gouvernement central pour approbation. Le déroulement de la cérémonie d'intronisation signifie qu'un nouveau dalaï-lama monte officiellement sur le trône. Le déroulement de la cérémonie d'intronisation passe en général par trois étapes.

D'abord, on doit donner lecture du document de réponse de l'empereur à l'enfant réincarnation. Ensuite, on doit inviter un lama de haut rang à raser les cheveux de l'enfant réincarnation et à lui choisir un nom religieux pour le faire bonze. En général, on demande au grand maître panchen d'accomplir cette tâche. Enfin, on doit choisir un jour de bon augure pour organiser la cérémonie d'intronisation. A partir du VIe dalaï-lama, la cérémonie d'intronisation du dalaï-lama se déroula en général dans le palais du Potala. Lors de la cérémonie d'intronisation de l'enfant réincarnation, l'empereur lui conférait un registre et un sceau en or. En même temps, il dépêchait un envoyé spécial pour s'occuper de lui, ou bien il demandait aux amban en service au Tibet de s'occuper de lui sur place. Lors de l'intronisation du XIVe dalaï-lama, le gouvernement nationaliste envoya Wu Zhongxin, président de la Commission pour les affaires mongoles et tibétaines, présider la cérémonie d'intronisation.

A cette étape, la procédure de réincarnation du dalaï-lama a été menée à hon terme, et un nouveau dalaï-lama peut monter sur le trône.